Carnet de route

Pierre Saint Martin

Le 27/07/2014 par Renaud Lemoulant

Pierre Saint Martin version longue

Samedi 26 juillet, départ pour les Pyrénées à un horaire alpin, normal pour le CAF, l'indispensable remorque est chargée d'1 m3 de bagages, difficiles à caser dans une unique voiture, d'autant que le coffre est aussi bien chargé. Le voyage est paisible et nous arrivons à Arrette sans difficulté. La recherche du gite perché dans les collines sera plus délicate. Lassé du voyage, je laisse les clés de la spéléomobile, afin que Daniel, Jérôme et Olivier aillent trouver et pré-équiper le Gouffre des Bourrugues ou B3. Françoise nous rejoint en fin de soirée, accompagnée de Daniel parti au devant pour lui éviter des détours inutiles.

Dimanche, la messe est dite, nous partons de bonne humeur vers la cavité. En ce qui me concerne, je n'ai pas pratiqué depuis le gouffre de Cuchon, fin 2013, une petite grotte d'échauffement est la bienvenue, -305 m, ça sera top. Comme à Chauvigny, l'équipement se fait au milieu d'une zone pavillonnaire, ici, les chalets de la station de la Pierre Saint-Martin. L'enchaînement des puits nous conduit à un réseau peu actif, mais intéressant. La journée sera longue, notamment pour Olivier à qui échoit le déséquipement. Nous retrouvons avec bonheur les mouches du gite à l'apéro, avant un repas bien mérité.

L'échauffement de la veille a marqué les corps et les esprits, et nous entamons une première journée de repos...Après un lever presque tardif, nous nous rendons près du col pour repérer le GL102, principal accès au réseau Lonné Peyret. Depuis la bergerie, le cheminement est « évident », bon, il faut quand même jouer du cairn. Daniel, Jérôme et Olivier commencent l'équipement, alors que j'accompagne Françoise et Marie-Claire à la recherche de Tête Sauvage, porte d'entrée de la traversée du gouffre. Nous trouverons cette aiguille dans la botte du lapiès, mais sans savoir si l'ouverture est la bonne. Par contre, nous verrons bien les camions participants à la rénovation de la station de ski, qui interdit la traversée depuis le SC3, ou Gouffre du Beffroy. Quiproquos malencontreux, nous n'avons pas les autorisations pour faire la traversée complète, mais un espoir se dessine, de rejoindre une équipe « parisienne » qui a le même objectif. Une première opportunité, vite déçue, s'ouvre pour le lendemain.

Nous partons plutôt pour l'exploration du réseau Lonné Peyret. Après 317 m de magnifiques puits arrosés des pluies de la nuit, nous parcourons le réseau actif jusqu'à la première cascade que nous ne prendrons pas le temps d'équiper, limitant notre effort en prévision d'une hypothétique traversée.

Après reconnaissance à partir de la salle de La Verna, nos collègues parisiens ont plannifié l'opération pour le lendemain. Suite à quelques défections et une sélection drastique dans leurs rangs, ils ne sont plus que deux pour la traversée , et ne sont sans doute pas mécontents que nous venions grossir leurs rangs. Rendez-vous est fixé mercredi 9h00, à leur chalet. La veillée d'armes sera courte, comme le shorty que je prête à Daniel pour une immersion dans une eau à moins de 5°C !

Après avoir fait connaissance, nous nous élançons pour une marche d'approche d'une petite heure, et rejoignons Tête Sauvage pour un départ à 10h00. C'est bien l'accès que nous avions repéré l'avant veille. La descente est un peu laborieuse pour moi, à cause entre autres d'un descendeur neuf, alors que Daniel court devant. Après le soupirail, premier passage dans l'eau froide, la marche en avant est soutenue, et nous rattrapons un groupe franco-italien parti deux heures plus tôt...Nous finissons par les doubler, mais nous égarons dans un très joli canal, où quelques brasses prolongées nous incitent au demi tour, ce n'est pas le tunnel du vent, et sa main courante qui permet d'écourter le rinçage. Nous y accédons quelques encablures plus loin, après quelques manœuvres de cordes où les italiens, qui nous ont doublés dans l'intervalle, nous ralentissent. Nous parvenons cependant à repasser devant, et s'ils nous rejoignent lors du déshabillage néoprène et courte collation, nous repartons devant, et ne les reverrons pas. La fin de la traversée est laborieuse, le cheminement est tout en montées et descentes dans les chaos. Non loin du puits Lépineux, nous retrouvons des membres du groupe des parisiens venus à notre rencontre. Nous ne sommes plus qu'à quelques heures du but. L'accès à la salle de la Verna est une délivrance, et nous profitons du moment avant de nous engouffrer dans le tunnel edf. Au bout des 640 m il faut encore rejoindre la voiture déposée par Françoise et Marie-Claire, quelques centaines de mètres plus bas. Alors que les topos prédisent 12 à 15 heures, nous avons bouclé le tout en 11h30, quels (z)héros ! En fait nous avons bien été aidés par un guide, ex-parisien, presque habitué des lieux maintenant, un bon fléchage, et l'équipement en fixe de Tête Sauvage pour pallier à la fermeture de SC3.

Le jeudi matin est dédié à la récupération, mais il nous reste le GL 102 et ses 300 m à déséquiper. Ma tendinite s'est réveillée dans le froid, et je laisse lâchement Marie-Claire suppléer aux initiateurs en cours ou à venir. Nous en profitons également pour nous procurer de l'Ossau Iraty pur brebis à la bergerie où nous stationnons.
Vendredi, c'est fête, et nous participons au son et lumières de la salle de La Verna. Partis pour profiter de l'éclairement de la salle, le guide nous propose de jouer les mannequins, et nous gratifions les touristes d'une démonstration animée, alors que des hordes de visiteurs déferlent exceptionnellement. Nous profitons des cordes installées pour l'exploration de zones récemment escaladées, mais passons à côté du réseau Aranzagi, il faudra revenir. Il se fait tard et des festivités nous attendent à Arrette, ainsi que la promesse d'une garbure. Hélas, les intempéries en décident autrement, la fête est annulée, et n'ayant plus de restes, nous nous satisferont de spaghettis bolognèses.

Samedi, retour au milieu des lions, des aigles et des angelots en évitant les bouchons du chassé-croisé, bien heureux d'un programme qui nous a permis de boucler ce parcours mythique.

Et pour finir, un lien vers une vidéo par l'ARSIP de l'escalade au fond de la salle de la Verna : http://www.youtube.com/watch?v=uO1JcIWbmyw

 

Renaud







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